L’A-Fond
Comme vous le savez, l’à-fond est une très vieille tradition que l’on trouve déjà au Moyen Age. C’est probablement pour se saouler plus vite que l’à-fond fut introduit et non pas pour oublier le goût amer de la bière. Il paraît d’ailleurs qu’au Moyen Age la bière était plutôt sucrée. L’à-fond en lui-même n’est donc pas une particularité des guindailles typiquement liégeoises. Toute autre ville connaît également la tradition des à-fonds. L’à-fond par sympathie par contre est typiquement liégeois.
Mais avant de t’apprendre ce qu’est l’à-fond par sympathie, il vaudra mieux t’expliquer ce qu’est l’à-fond.
Tout d’abord : l’à-fond ne se fait jamais tout seul. L’exception à cette règle te concerne. Pour des raisons strictement éducatives, le bleu peut faire un à-fond tout seul (ce qui arrivera fréquemment).
L’à-fond consiste à boire son verre en un seul trait, ce qui veut dire que ton verre ne quittera pas tes lèvres avant que tu ne l’aies achevé. Si un bleu reconnaît ne pas pouvoir finir son verre, il le signale en se renversant le reste sur la tête. Il n’y a pas de honte à ça, mais c’est quand même du gaspillage. (pense à tous ces pauvres petits Africains qui crèvent de faim !)
L’à-fond est un moyen de régler les différends quels qu’ils soient. A Liège, on ne se bat pas en guindaille. Même les Vétérinaires commencent à comprendre cela et à le respecter. S’il y a une tension quelconque, on la règle à l’à-fond. Ces à-fonds, destinés à préserver la paix en guindaille, se font parfois sur vitesse. Mais il ne faut jamais oublier de faire par après un à-fond sympathie, pour calmer la tension.
A part ces à-fonds, il n’y a que les concours d’à-fonds qui se font sur vitesse. C’est-à-dire les concours de roi des bleus, reine des bleuettes, roi des rois, reine des reines, rallye-chopes, des à-fonds relais, des concours intercomités, etc.
Malgré cela, le bleu est censé manifester sa bonne volonté en se magnant le cul à chaque fois qu’il fait un à-fond. Il faudra également préciser que certains poils et plumes préfèrent à-fonner sans être irrités par les regards impertinents des bleus. Dans ce cas, le bleu baisse les yeux et regarde par terre, ou mieux, se retourne.
L’à-fond par sympathie que l’on va maintenant t’expliquer est la preuve que politesse et courtoisie peuvent exister en guindaille. L’à-fond par sympathie n’est pas un concours. L’à-fond par sympathie veut symboliser la sympathie (naissante) qu’il y a entre les guindailleurs. Et pour cela le plus rapide attendra le moins rapide, les verres quitteront les lèvres des affonneurs en même temps. Ensuite, les buveurs se font une bise pour se remercier de l’agréable moment passé ensemble. Par conséquent, un à-fond par sympathie ne se refuse jamais. Mais si quelqu’un n’arrête pas de te chercher en à-fond par sympathie pour te prouver qu’il est le plus fort, il n’a certainement pas compris la règle du jeu, ce qui te permettra de lui refuser cet à-fond.
Un à-fond par sympathie doit se faire par sympathie uniquement. N’empêche qu’on peut très bien faire un à-fond sympathie avec quelqu’un de très peu sympathique, et ce afin de calmer les tensions comme on vient de l’expliquer plus haut. Ce n’est pas de ‘hypocrisie, c’est du common sense.
L’à-fond par sympathie est donc un moyen de contrôler la violence dans les guindailles. La violence est ce qui nuit le plus au folklore qui lui ne peut que profiter d’une meilleure publicité.
Reste à vous signaler que l’à-fond par sympathie se fait logiquement aussi après chaque A-fond liégeois, fameux chant de guindaille que tu vas bientôt apprendre.
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